Lancement du Laboratoire Angevin des Plantes (LAP)

admin/ octobre 2, 2017/ Actualités/

Les sociétés André Briant Jeunes Plants et Pépinières Multibaies viennent de créer une nouvelle société de haute technologie végétale sur Angers : le LAP, Laboratoire Angevin des Plantes. Dédié à la multiplication in vitro de plantes, le LAP ambitionne de fournir les entreprises de production spécialisées dans les plantes ornementales et l’arboriculture fruitière. Un programme de recherche et développement, labellisé Végépolys, est mené en collaboration avec l’IRHS.

Issu du transfert de l’activité interne de production végétale « In Vitro » de la société André Briant Jeunes Plants (St Barthélémy d’Anjou) et de l’association avec les Pépinières Multibaies (Cheffes), le LAP – Laboratoire Angevin des Plantes est une nouvelle société de haute technologie végétale située à Saint Barthélémy d’Anjou, près d’Angers.

La multiplication in vitro développée pour les producteurs en horticulture ornementale et en arboriculture fruitière

Qu’est-ce que la multiplication « In Vitro » ? Sans rentrer dans des considérations scientifiques complexes, il s’agit d’une technique de multiplication végétative (comme le bouturage traditionnel) mais réalisée en laboratoire dans un milieu de culture très précis et à partir de jeunes bourgeons ou de méristèmes (petits groupes de cellules qui assurent le développement des plantes). Les plantules sont initiées, puis multipliées par phases successives jusqu’à former des bébés plantes prêtes à être sorties du laboratoire, repiquées et acclimatées dans un environnement moins protégé.

LAP_2Cette technique n’est pas récente. Elle existe depuis les années 1980, elle est utile pour les laboratoires de recherche ou de sélection végétale. « Toutefois, son utilisation à grande échelle pour la production de plantes ornementales ou en arboriculture fruitière est assez peu répandue en France aujourd’hui », déclare Gilles Colinet, gérant du LAP et directeur d’André Briant Jeunes Plants. Alors que la recherche agronomique nationale était pionnière en la matière, on compte sur les doigts d’une main les laboratoires de production subsistant en France, beaucoup ont été délocalisés en Asie ou en Europe de l’Est.

« Nous ambitionnons de produire en 2018 un peu plus de 1 million de jeunes plants (stade III E, plantules enracinées prêtes à être repiquées à l’extérieur du Laboratoire), alors que nous étions à environ 650 000 jeunes plants par an les années précédentes. C’est un véritable défi pour la multiplication française de jeunes plants in vitro », ajoute Mathieu Billotte, associé du LAP et directeur des Pépinières Multibaies.

L’horticulture française souffre d’une concurrence très forte de la part de pays où la main d’œuvre non qualifiée est bon marché. « Ce labo assurera le complément technique et le savoir-faire indispensable pour se différencier et justifier des prix de vente rémunérateurs qui permettront d’assurer le développement des entreprises horticoles et leur pérennité dans un environnement mondialisé et concurrentiel », précise Dominique Ménard, directeur du LAP.

André Briant Jeunes Plants (ABJP) s’était doté en 1998 d’un laboratoire de production de jeunes plants selon la technique de multiplication « In Vitro », laboratoire implanté à St Barthélémy d’Anjou, c’est ce laboratoire qui a été apporté à la nouvelle société : LABORATOIRE ANGEVIN DES PLANTES (LAP).

En filialisant cette activité et en s’associant avec un partenaire, les OBJECTIFS sont :

  • Pouvoir étendre le savoir technique et scientifique unique à d’autres types d’espèces et en particulier aux plants fruitiers.
  • Proposer à d’autres partenaires de réaliser des contrats de multiplication sur mesure, que ces partenaires soient régionaux ou non.
  • Développer les volumes de production pour aboutir à une meilleure rentabilité.
  • Proposer une plateforme régionale high-tech dans cette spécialité, en s’appuyant sur la filière angevine de production horticole.

Le Laboratoire est dirigé par Dominique Menard, un expert dans le domaine in vitro avec plus de 30 ans d’expériences. Il comprend un effectif permanent de 6 personnes ; des embauches sont programmées pour faire face à l’augmentation de la production. Son fonctionnement cyclique fait également appel à une main d’œuvre saisonnière pouvant aller jusqu’à 10 personnes supplémentaires. Un programme d’investissement à très court terme est également prévu pour un montant de plus de 100 000 €. Le LAP va ainsi augmenter d’1/3 sa capacité de production.

Bien que la maîtrise des techniques in vitro soit au cœur de la compétitivité, de nombreuses entreprises horticoles n’ont pas le savoir-faire ou la surface financière suffisante pour développer en interne ces solutions. Le « ticket d’entrée » est élevé tant au niveau de la main d’œuvre que des équipements et infrastructures.

Notre projet construit collectivement nous permet d’atteindre une taille critique pour optimiser les coûts de fonctionnement et pérenniser des emplois sur l’année.

Un nouveau programme de recherche et développement est lancé

Le LAP débute en collaboration avec l’IRHS (L’Institut de Recherche en Horticulture et Semences – voir présentation en annexe), un nouveau programme de recherche alliant recherche fondamentale et recherche appliquée. Il a pour thème : « Feuillages panachés : étude du déterminisme des phénotypes et de leur stabilité lors de la multiplication végétative ». Ce programme de recherche bénéficie d’une labellisation « VEGEPOLYS ».

Les consommateurs sont friands de plantes à feuillage panaché souvent avec des couleurs vives : jaunes, rouges ou autres. Cela est particulièrement vrai pour des plantes dites en « rosettes », c’est à dire sans véritables tiges telles que les phormiums, les yuccas, les cordylines, etc. Aujourd’hui, lorsqu’il est possible de les multiplier, ces plantes proviennent de laboratoires situés en Asie (Inde et Thaïlande).

Or il s’avère que l’on ne sait pas vraiment pourquoi ces plantes présentent des panachures, il peut parfois s’agir de virus ou bien encore de causes d’origine génétique transmissibles ou non… D’une façon générale, lorsque l’on multiplie ce type de plantes en laboratoire, le résultat est imprévisible, certains descendants conservent la panachure, d’autres redeviennent vert (sans intérêt commercial) d’autres enfin peuvent être albinos (et donc non viable s’agissant de plantes).

Le travail de recherche collaboratif vise donc à comprendre les mécanismes qui sont en jeu afin de pouvoir mieux les contrôler et obtenir une multiplication fidèle. Cette recherche est donc à la fois passionnante d’un point de vue de génétique botanique et potentiellement porteuse de débouchés commerciaux valorisables.

Pour cela, un jeune doctorant (Alexandre Rouinsard) a été recruté par la société ce printemps 2017. Il s’engage pour une thèse de trois ans, tout en étant salarié du LAP et en s’intégrant au fonctionnement quotidien de l’entreprise. Le mécanisme est celui d’une thèse CIFRE, le doctorant est rémunéré par l’entreprise mais celle-ci bénéficie d’un soutien financier partiel des coûts qu’elle supporte provenant de l’ANRT (Association Nationale Recherche Technologie).

Les acteurs du LAP, Laboratoire Angevin des Plantes

ANDRÉ BRIANT JEUNES PLANTS et PEPINIERES MULTIBAIES sont actionnaires du LAP (respectivement à hauteur de 66% et 34%).

LAP : lieu-dit La Bouvinerie, 49124 Saint-Barthélemy-d’Anjou – Tél : 02 41 96 60 60

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